OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Et Warhol échangea la révolution contre 15 minutes de téléréalité http://owni.fr/2010/12/15/et-warhol-echangea-la-revolution-contre-15-minutes-de-telerealite/ http://owni.fr/2010/12/15/et-warhol-echangea-la-revolution-contre-15-minutes-de-telerealite/#comments Wed, 15 Dec 2010 14:44:46 +0000 Catnatt http://owni.fr/?p=37438 En 1968, au Moderna Museet de Stockholm, Andy Warhol écrivit dans un catalogue de l’exposition :

Dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale.

Warhol assassina sans le savoir toute possibilité de révolution dans le système occidental et capitaliste.

En lisant Tomates de Nathalie Quintane, je suis tombée sur un échange de lettres entre celle-ci et Jean-Paul Curnier (philosophe et écrivain français). Il dit en l’espèce : « je veux dire que l’individualisation, c’est-à-dire la façon pour les pouvoirs en place –de l’Etat aux entreprises jusqu’aux chefaillons les plus insignifiants– de s’adresser à la collectivité, repose sur l’adresse à l’individu. (…) Cette méthode marche assez bien (une méthode à l’ego, en quelque sorte) puisqu’elle « accorde » à chacun une reconnaissance de pacotille qui « le distingue » et semble hausser l’individu hors de l’anonymat de la masse. Si bien que ce qui vient directement à la conscience, c’est que l’ennemi principal, c’est l’anonymat des foules, et non la machinerie qui fait de lui un être sur mesure, formaté pour les besoins. »

Dompter les foules par la promesse d’un destin

Alors, évidemment, mon titre claque, mais il est faux [le titre original du billet était Warhol killed the revolution, NdCE]. Cependant, Warhol avait senti le vent tourner, le vent des temps qui changent. La méthode à l’ego, mais oui, bien sûr, la solution pour dompter la masse. Aucun pouvoir politique jusqu’à présent n’avait compris que le meilleur moyen pour anesthésier un peuple, c’est de lui faire croire à travers d’autres vecteurs que l’Etat, qu’il compte, du moins que chaque individu qui le compose est unique et aura droit à l’expression de sa singularité. Pendant un quart d’heure au moins. De nos jours, tout le monde espère en son for intérieur avoir son moment de célébrité, le jour de gloire est arrivé et c’est cette arrière-pensée qui nous muselle. Nous pensons tous avoir un destin, mieux, avoir droit à un destin, et nous ne voulons pas gâcher nos chances. Nous n’avons presque rien, une majorité d’entre nous est dans la merde, et pourtant nous ne sommes pas un peuple qui n’a plus rien à perdre : l’on nous fait croire que nous avons tout à gagner, nuance. Nos chances d’être reconnus ? Téléréalité, émissions, documentaires, reportages, Internet, sans aucun doute, Tournez Manège, vidéos Youtube, blogs, ridicules, héroïques, en colère, ou explosant de joie, le loto médiatique nous tend les bras : 100% des gagnants n’ont même pas tenté leur chance, ça leur tombe dessus.

Il n’y aura pas de révolution. Il n’y aura pas de révolte. On préfère de nos jours devenir célèbre plutôt qu’être libre, chaque époque a son mantra, autrefois, l’on disait « Liberté, Egalité, Fraternité », à présent l’on pense « Célébrité, Ego, Paillettes ». On ne cherche même pas à être riche, même si c’est important, non, non, ce que l’on veut, c’est compter, à n’importe quel prix, par n’importe quel moyen. Tenez, ce que je suis en train de faire, là, maintenant, finalement, n’ai-je pas en filigrane ce désir inconscient du quart d’heure, non pas américain, mon quart d’heure mondial, allez, soyons modestes, mon quart d’heure français ?

Ce quart d’heure, quinze minutes, rien -à peine une demie-seconde à l’échelle de l’histoire de l’humanité- tient lieu d’idéal à présent. Adieu les mythes, les dieux, la philosophie, les terres inconnues, la politique, le monde meilleur. Place à la décharge d’adrénaline, une reconnaissance factice, quelques minutes s’il-vous-plaît, le vertige, je suis unique. Certains pensent que le malentendu s’est installé au XIX siècle, cette période dépressive. Le romantisme français aurait généré une façon de mettre en scène sa vie autant que son art. (voir ici ) Je cite : « Parce que l’espace s’est divisé en deux mondes, la vraie vie banale et souvent inintéressante, et la vie devenue oeuvre d’art, qui a su prendre toute la décharge affective » (Demian West). Internet n’est-il pas devenu le terrain de prédilection de ce phénomène ?

Et c’est bien parce qu’on en crève un peu plus chaque jour, nos vies banales à en mourir, que les sphères du pouvoir, sans même probablement s’en apercevoir au départ, s’engouffrèrent dans cette autoroute d’abrutissement généralisé : pour toi Public, tiens bon, tu vas passer à la télé, tu auras ton quart d’heure de gloire.

Le RSA complice de l’individualisme à outrance

Alors, on me dira, chère Catnatt, tu fais partie des bobos, tu ne sais pas ce que ressent la France d’en bas, celle qui est capable de se réveiller et de tonner un jour. Oui, c’est vrai mais je réponds aussi que ce cri dont tout le monde nous parle, ce cri auquel moi aussi je croyais, c’est un fantasme. Car le second assassin -car il y en a un, se nomme : les Assedic-RSA. Oui, ce formidable système d’entraide (système auquel je suis très attachée paradoxalement) a eu des effets pervers. D’un côté, le quart d’heure tient lieu d’idéal, de l’autre les Assedic maintiennent sous perfusion.

Là où ça devient particulièrement pervers, c’est au niveau de la personnalisation. La méthode à l’ego s’est appliquée à ce dispositif solidaire, la personnalisation à outrance induit une non-révolte au bout du compte : contact mensuel, coup de téléphone, rendez-vous, compte-rendu, l’institution maintient le chômeur sous pression en permanence, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Tu bouges du cadre, tu sors.  On te fait croire qu’on tient compte de toi, mais c’est juste une façon de t’expliquer que l’Etat n’oublie pas l’argent qu’il te vire chaque mois alors que tu ne produis rien. Les Assedics sont évidemment une belle idée.

Sauf qu’actuellement au lieu de dire : « tu as cotisé, tu as droit à ce système pendant un certain temps », on sous-entend en permanence « j’espère que tu culpabilises de coûter autant d’argent à la société, sois reconnaissant».

Ce ne sont pas seulement les pouvoirs publics, ce sont nos congénères aussi. Un discours rampant. On rêvait de fraternité, on se retrouve avec un  système biaisé. L’Etat fait l’aumône, c’est ainsi, en filigrane que le discours est orienté. On agite le spectre en permanence d’un arrêt de la solidarité. Donc on tremble sur nos bases. L’Etat grignote. On le constate, mais on ne se révolte pas de peur qu’il supprime tout. Donc on laisse faire.

Jean-Paul Curnier dit :

Je veux dire que le peuple n’est pas « une réalité dormante » qui se réveille à chaque grand rendez-vous de l’Histoire (…) mais quelque chose qui dépasse tout un chacun, qui est ingouvernable, en tant que tel et sur quoi nul n’a de prise (…) quelque chose qui répond à la solitude devant le pouvoir. (…) Le centre d’intêret d’une domination parfaite, c’est de prévenir tout recours au peuple quand ça va mal. La mise en place des assedics est selon moi un des instruments les plus efficaces de destruction de toute possibilité d’un peuple comme recours, dans cette solitude de condition il y est substitué la « puissance publique ».

Autrement dit, il n’y a plus besoin du peuple, de sentir la solidarité des siens, l’Etat y pourvoit juste le minimum pour nous maintenir la tête hors de l’eau. Le capitalisme est tellement vissé dans nos crânes, parce que sacralisé par les médias quoi qu’on en dise, les mêmes qui nous vendent du rêve, que même si nous envisageons sereinement de ne pas réussir par le biais du travail –on espère juste ne pas se faire virer, nous avons toujours nos deux soupapes : j’aurai de quoi survivre, j’ai de quoi m’évader, je ne vais pas tuer le système qui me permet ça. Donc, je me tais. Je serre les fesses et je ferme ma gueule. Du moins, je ne l’ouvre pas trop parce que si c’est de trop, mes congénères m’expliqueront que je ne suis pas réaliste. Tout en jouant frénétiquement au loto. L’Etat n’a plus à réprimer. Il a juste à nous abrutir. Il nous fait croire que notre liberté nous est acquise, sauf qu’il a trouvé le meilleur flic du monde : nous-mêmes. La méthode à l’ego a généré deux phénomènes : perte du sens du groupe, en tant que support solidaire, au profit d’un « nous » potentiel ennemi du « je »; obsession du « je » devenu sens de l’existence avec un sacre médiatique éventuel.

Nous allons tout droit dans la société décrite par Damasio dans La Zone du Dehors.Il nous manque juste quelques degrés de confort. Ce livre de science-fiction, lu cet été, m’a certes énormément marquée, mais il faut bien avouer qu’il y avait quelque chose de glaçant, parce que parfaitement envisageable. La méthode à l’ego, la meilleure répression du monde, la meilleure ivresse du monde, la plus belle arnaque, moi, moi, moi, et je tire tout seul comme un grand sur le « nous ».

Warhol pensait probablement annoncer une bonne nouvelle, ce jour de 1968. C’était en fait une oraison funèbre.

Celle de la révolution.

Billet initialement publié sur le site Izine sous le titre Warhol killed the revolution.

Photo FlickR CC : Matt Ortega ; David Spigolon ; Bruno Boutot.

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Chatroulette, anatomie d’un buzz exhibitionniste ordinaire http://owni.fr/2010/03/05/chatroulette-anatomie-d%e2%80%99un-buzz-exhibitionniste-ordinaire/ http://owni.fr/2010/03/05/chatroulette-anatomie-d%e2%80%99un-buzz-exhibitionniste-ordinaire/#comments Fri, 05 Mar 2010 15:03:02 +0000 JCFeraud http://owni.fr/?p=9460 wahrol

“Un jour chacun aura droit à son quart d’heure de gloire” prophétisait Andy Warhol en 1968… Fasciné par le potentiel de la télévision en tant qu’accélérateur de popularité ordinaire, le Pape du Pop-Art aurait sans aucun doute adoré Chatroulette !  Cette monstrueuse création d’un jeune programmeur russe de 17 ans, Andreï Ternovsky, pousse en effet la logique wharolienne encore plus loin en donnant vraiment à N’IMPORTE QUI la possibilité de s’offrir une petite minute de célébrité undergound.

On ne parle que de “ça” sur Twitter depuis trois semaines et bien qu’en retard d’un bon train numérique à l’heure de l’internet en temps réel, je me devais de commettre un billet sur LE phénomène du moment. Alors pour ceux – les plus de 25 ans ou les techno-refuzniks – qui n’auraient jamais entendu parler de Chatroulette, voilà en résumé en quoi consiste l’objet du délire : en se connectant sur ce site au design minimaliste, tout internaute lambda disposant d’une webcam se retrouve en contact visuel avec l’un de ses congénères connecté quelque part sur la planète Terre, suivant le principe de la roulette russe. Jeu de hasard = effet de surprise garantile plus souvent pour le pire. Car l’anonymat est la règle sur Chatroulette. Là où Warhol donnait dans le conceptuel surréaliste soporifique en filmant pendant 45 minutes un quidam dégustant un champignon hallucinogène dans son film “Eat”, certains adeptes de Chatroulette font plutôt dans l’exhibitionnisme gras qui tâche.
Le jeune Andreï Ternovsky explique avoir créé ce site “pour s’amuser” : “je sentais ce que les autres adolescents voulaient voir sur Internet. J’aimais moi-même parler à des amis avec Skype en utilisant un micro et une webcam. Mais finalement on s’est lassé de se parler les uns les autres. J’ai donc décidé de créer un petit site pour moi et mes amis où nous pourrions nous connecter aléatoirement avec d’autres gens”, raconte-t-il dans la première interview qu’il a accordé au site Blog Bits du “New-York Times” (traduite ici en français par nos amis d’Owni).

On y va le plus souvent animé d’une curiosité malsaine (”Oh mon dieu…sur qui ou plutôt quoi vais-je tomber ?”), pour ressentir le frisson de la rencontre du troisième type (plus destroy que sur Meetic)…et surtout dans l’espoir d’y voir des femmes en tenue d’Eve quand on est un geek solitaire normalement constitué. Las, en se connectant, l’impétrant a presque 1 chance  sur 10 de tomber sur un homme dans le plus simple appareil…se livrant à différentes manipulations onanistes. Certains utilisateurs ont même croisé des nazis de pacotille en plein ébats avec leur poupée (que l’on espère gonflable). Les autres rencontres par webcams interposées peuvent être boutonneuses (délires d’ados plus ou moins intelligibles), gênées (”Heu…on a rien de se dire”), masquées (forcément façon psychopathe type Hannibal Lecter), j’en passe et des meilleures.
Mais le coup de génie du jeune concepteur de Chatroulette est d’avoir prévu un bouton “Next” : on peut zapper en un clic le crétin qui chante Manureva à tue-tête d’une voix de fausset, ou l’obsédé qui vous montre son engin comme si c’était le Saint Graal… D’où cette expression en vogue : se faire “nexter”.

Pour en savoir un peu plus sur ce qui vous attend, je vous renvoie sur cet excellent reportage publié sur le site Abstrait/Concret sous le titre évocateur “De l’art de socialiser en mâtant les seins”. Un monument de gonzo-journalisme, j’ai adoré…alors que l’expérience Chatroulette en elle-même aurait plutôt tendance à me déprimer. J’ai testé 20 minutes :  je n’ai pas vu de créature montrant ses seins, que des jeunots surexcités ou de pauvres hères, me suis fait nexter toutes les 30 secondes (n’ayant rien d’autre à offrir que mon air circonspect), ça m’a gonflé…mais il faut peut-être que je persévère. Pour se faire une idée rapide en images, vous pouvez aussi jeter un oeil sur ce Best of Chatroulette qui collationne les “meilleures” captures d’écran. Instructif dans le genre exhibo-narcissique débile. Mais forcément un peu lassant à la longue.
A voir tous ces petits égos désespérés crier dans le vide “regarde moi j’existe” ou “par pitié montre moi tes seins”, on pense forcément à un Houellebecq narrant la solitude et la misère sexuelle du mâle occidental dans ses “Particules élémentaires”. Un truc de looser Chatroulette ? A voir.

Sur un blog aussi serious que Mon écran radar, il nous fallait des chiffres pour prendre toute la mesure du phénomène. Bonne nouvelle, au hasard de mes divagations sur le Net, je suis tombé sur cette étude américaine toute fraîche en date du 1er mars : “Chatroulette : an initial survey”. C’est signé webecologyproject.org et c’est fort instructif. Ces gens là, des universitaires tout ce qu’il y a de plus sérieux, ont ausculté plus de 200 sessions de Chatroulette entre le 6 et le 7 février dernier. Ils ont aussi interviewé en direct live 30 utilisateurs du site. Autant dire qu’ils n’ont pas du dormir beaucoup et se payer une bonne tranche de rigolade…avant d’être rattrapé par la déprime post-traumatique.

Il ressort en effet de cette étude de terrain que 87 % des habitués de Chatroulette sont des hommes (pour les nuls en calcul ça fait seulement 1 chance sur 10 seulement de tomber sur une femme) et que la moyenne d’âge oscille entre 18 et 24 ans. Andreï vous l’a bien dit : il a créé ce truc pour ses congénères… Là où cela devient intéressant, c’est que l’enquête nous livre des stats précises sur ce que l’on peut voir sur Chatroulette : 80 % des gens postés face à leur webcam sont heu…”normaux”. Du moins en apparence. C’est à dire habillés. Les adeptes en solitaire sont fortement majoritaires (86 %), mais il y a aussi ceux qui pratiquent en groupe : 13 % à deux, 1 % à trois ou plus…
Mais, attention ça se corse: 9 % portent un masque ou ont altéré leur image façon photo-shop pour musée des horreurs. Et, heu… 7 % ne portent “rien”, bref se la jouent Cap d’Agde en direct de chez eux (voilà qui devraient plaire à Houellebecq). Tandis que 5 % montrent explicitement leurs “parties génitales” précisent doctement l’étude. Bien 7 + 5 ça nous ferait quand même 12 % d’exhibitionnistes et autres obsédés de la chose sur le bien nommé Chatroulette… Mais compte tenu de la taille relativement modeste de leur échantillon, les chercheurs de webecologyproject estiment plus raisonnablement le nombre réel des agités de la braguette “entre 5 et 8 %”.
Nos amis universitaires qui ne s’arrêtent pas aux premières impressions considèrent que “Chatroulette représente l’un des premiers exemples contemporains de communauté en ligne par voie de probabilité”… Après les réseaux sociaux classiques type Facebook où l’on retrouvait ses amis, ceux comme Twitter où l’on construisait son audience par agrégation méthodique de “followers”, le Web 3.0 serait donc en train de donner naissance à des communautés totalement aléatoiresWow intello le concept ! Après tout plus on est connecté, plus on est seul, moins on a de vrais amis, alors pourquoi pas s’en remettre au pur hasard pour se socialiser un tant soit peu ? Voilà qui devrait plaire à toute une génération de “No Life” bronzés à la lumière blafarde de leur écran 19 pouces.

Mais Chatroulette peut-il déboucher sur autre chose qu’une vaste cour de récré pour ados attardés ou un nouveau terrain de jeu pour l’industrie du X ? Certainement, estiment les auteurs de l’étude décidément optimistes : “A mesure que la presse s’intéresse au phénomène et que de nouveaux utilisateurs arrivent, de nouveaux usages non sexuels vont se développer” avec du divertissement (pfff encore de l’humour LOL à deux balles), mais aussi des contenus plus créatifs voir artistiques. Art-Vidéo ? Installations visuelles ? Happening en direct de la Factory ? C’est ce bon vieil Andy qui serait content. Les auteurs de l’étude prédisent même l’avènement de véritables stars de Chatroulette qui pousseront les gens à se connecter dans l’espoir d’assister à un show one to one. Un jour, grâce à cette révolution médiatique permanente nommée Internet tout le monde sera célèbre, ne serait-ce qu’une petite minute : Warhol ne savait décidément pas à quel point il avait raison.

Billet initialement publié Sur Mon Ecran Radar

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